Le cloud n’est pas dans les nuages : vos photos, mails et documents « dans le cloud » sont stockés sur les serveurs de data centers bien réels, des bâtiments répartis un peu partout dans le monde. « Mettre dans le cloud » veut simplement dire « stocker sur l’ordinateur de quelqu’un d’autre, accessible par Internet ».
Le mot vient des schémas d’ingénieurs : sur les dessins de réseaux, Internet était représenté par un petit nuage, une zone dont on ne détaille pas l’intérieur. Le marketing en a fait « le cloud », mais physiquement, tout est au sol — et même parfois sous la mer pour y arriver.
Comment ça marche concrètement ? #
Quand votre téléphone « sauvegarde dans le cloud », il envoie vos fichiers par Internet vers les serveurs du service (Apple, Google, Microsoft…). Ces serveurs en gardent plusieurs copies, souvent dans des data centers différents, pour qu’une panne ou un incendie ne fasse rien perdre. Quand vous changez de téléphone, tout « revient » : vos données n’ont jamais été que là-bas.
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| Service courant | Stockage gratuit | Où sont les données ? |
|---|---|---|
| iCloud (Apple) | 5 Go | Data centers d’Apple et de partenaires, aux États-Unis, en Europe et ailleurs |
| Google (Photos, Drive, Gmail) | 15 Go partagés | Réseau mondial de data centers Google, dont plusieurs en Europe |
| OneDrive (Microsoft) | 5 Go | Data centers Microsoft, avec des « régions » européennes |
Au-delà du gratuit, comptez en général de 1 à 10 € par mois selon le volume (tarifs constatés mi-2026, de 50 Go à 2 To selon les services).
Mes photos sont dans quel pays ? #
Vous ne choisissez généralement pas : le service répartit vos données selon ses capacités, souvent sur plusieurs sites à la fois. Les grands acteurs proposent des « régions » européennes, et le RGPD encadre les transferts hors Union européenne. Pour un particulier, l’information précise n’est pas accessible fichier par fichier — c’est le prix de la redondance.
Le cloud est-il fiable ? #
Pour la panne matérielle, oui : vos fichiers y sont mieux protégés que sur un ordinateur qui peut tomber, brûler ou être volé, car ils sont copiés plusieurs fois. Les vrais risques sont ailleurs : un compte piraté (d’où l’intérêt de la double authentification), un abonnement résilié dont on perd les données faute de les avoir récupérées, ou un mot de passe oublié. La règle des sauvegardes reste valable : l’idéal est d’avoir ses fichiers importants à deux endroits, par exemple cloud + disque dur externe.
C’est la même idée, côté entreprises : au lieu d’acheter leurs propres serveurs, elles louent de la puissance de calcul et du stockage à la demande chez Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud. Une énorme partie des sites et applis que vous utilisez tourne en réalité chez ces trois-là. Sur les serveurs de votre fournisseur de messagerie (Gmail, Outlook, Orange…), donc dans ses data centers. Votre téléphone n’en garde qu’une copie de consultation : c’est pour ça que vous retrouvez vos mails sur n’importe quel appareil en vous connectant.
Les services la placent d’abord dans une corbeille (souvent 30 à 60 jours), puis la suppriment de leurs serveurs. Les copies de sauvegarde internes peuvent mettre un peu plus de temps à disparaître. Vérifiez aussi qu’elle n’est pas partagée dans un album commun.
Le stockage et le transfert consomment de l’électricité dans les data centers et les réseaux — c’est mesurable mais sans commune mesure avec, par exemple, le chauffage ou la voiture d’un ménage. Le geste le plus utile reste de ne pas payer pour du stockage qu’on n’utilise pas et de faire le tri dans les très gros volumes (vidéos).
C’est quoi le cloud computing ?
Où sont stockés mes mails ?
Si je supprime une photo, disparaît-elle vraiment du cloud ?
Le cloud pollue-t-il ?