Oui : environ 99 % du trafic Internet entre les continents passe par des câbles posés au fond des océans, et non par les satellites. Quand vous regardez une vidéo hébergée aux États-Unis, elle traverse littéralement l’Atlantique dans un câble de fibre optique.
C’est l’une des réalités les plus méconnues d’Internet : le « sans fil » n’existe que sur les derniers mètres, entre votre box et votre téléphone. Tout le reste du voyage se fait par câble, y compris sous la mer.
| Chiffre clé | Valeur (début 2026) |
|---|---|
| Part du trafic intercontinental passant par les câbles sous-marins | ≈ 99 % (les satellites se partagent le reste) |
| Systèmes de câbles recensés sur la carte TeleGeography 2026 | 694 systèmes, près de 1 900 stations d’atterrissement |
| Longueur totale posée en service | Plus de 1,5 million de kilomètres |
| Plus long système en déploiement | 2Africa : environ 45 000 km autour de l’Afrique |
| Durée de vie de conception d’un câble | Environ 25 ans |
Pourquoi des câbles et pas des satellites ? #
Parce que la fibre optique est imbattable : plus de débit, moins de retard (la lumière fait Paris-New York dans le câble en quelques dizaines de millisecondes) et un coût au gigaoctet bien plus faible. Les satellites, eux, servent surtout aux zones isolées, aux navires et aux situations d’urgence : ils représentent autour de 1 % du trafic mondial.
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Contrairement à l’image qu’on s’en fait, un câble sous-marin n’est pas un gros tuyau : en grande profondeur, il a à peu près le diamètre d’un tuyau d’arrosage. Les fibres, fines comme des cheveux, sont au centre, protégées par des couches d’acier et de polyéthylène. Près des côtes, il est renforcé et enterré pour résister aux ancres.
Qui les pose, et qui les casse ? #
Des navires câbliers spécialisés déroulent le câble sur des milliers de kilomètres, financés par des consortiums d’opérateurs télécoms et, de plus en plus, par les géants du numérique (Google, Meta, Microsoft, Amazon) qui possèdent ou co-financent leurs propres câbles. Les casses sont fréquentes et banales : la grande majorité vient des ancres de bateaux et des chaluts de pêche, le reste de phénomènes naturels comme les séismes sous-marins. Des navires de réparation remontent alors le câble et le ressoudent en mer.
Et si on coupe un câble, plus d’Internet ? #
Non, en général vous ne remarquez rien : le trafic est immédiatement rerouté par les autres câbles, car les grandes routes (Atlantique nord par exemple) sont très redondantes. Le risque existe surtout pour les régions desservies par peu de câbles, où une coupure peut ralentir fortement la connexion. C’est aussi pour cela que les sabotages évoqués dans l’actualité, notamment en mer Baltique, sont pris très au sérieux par les États : le sujet est devenu stratégique.
À des consortiums privés : opérateurs télécoms historiques et, de plus en plus, géants du numérique. Un même câble a souvent plusieurs copropriétaires qui se partagent la capacité. Les États n’en possèdent généralement pas directement, mais les surveillent de près. Le système 2Africa, d’environ 45 000 kilomètres, qui fait le tour du continent africain et relie l’Europe, l’Afrique et l’Asie. C’est plus que la circonférence de la Terre.
Ils sont conçus pour environ 25 ans de service. Beaucoup sont retirés ou remplacés avant, non parce qu’ils sont usés, mais parce que la technologie des nouveaux câbles les rend économiquement dépassés.
Des morsures de requins sur des câbles ont bien été documentées par le passé, mais c’est anecdotique : les ancres et les filets de pêche causent l’écrasante majorité des dommages. Les câbles modernes sont en plus gainés pour y résister.
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